"Le verger de mon aimée" d'Alfredo Bryce-Echenique


Titre original : El huerto de mi amada
Traduit par Jean-Marie Saint-Lu
(Métailié, 2002)

Alfredo Bryce-Echnique (Lima, 1939) est un des écrivains contemporains incontournables de la littérature d'Amérique Latine. En 1970, il publie Un mundo para Julius, un des romans majeurs de la littérature péruvienne où il dresse un portrait critique de la haute société de son pays à travers le regard d'un enfant. Dans Le verger de mon aimée, on retrouve le même thème : Le très jeune Carlitos Alegre, personnage candide, enthousiaste et très distrait, s'éprend d'une belle trentenaire fortunée qui fait fantasmer tous les hommes de la bonne société de Lima. Comme Carlitos n'est pas majeur, cet amour fait scandale mais les amants vont trouver refuge dans une propriété de campagne de la belle. Un roman burlesque qui dépeint, entre caricature et humanité, la capitale péruvienne des années 1950 : le monde de l'oligarchie, ceux qui veulent y entrer, la naïveté de l'amoureux, l'esprit provincial et étriqué... Ce roman a reçu en 2002, le prix Planeta.

"Carlitos courut téléphoner à Natalia, il lui dit à quel point sa grand-mère était belle, morte comme elle l'était maintenant, il lui dit qu'il passerait la nuit à la veiller, qu'il venait de rester un long moment avec elle, pour se mettre au courant, et que maintenant il allait en profiter pour passer aussi un moment avec ses sœurs avant de descendre à l'office comme quelqu'un qui va chercher quelque chose dans le réfrigérateur, un Coca-Cola, par exemple, au moment où Victor et Miguel et les autres employés de la maison s'y retrouveraient, et, depuis qu'il était enfant, débutait alors la grande conversation et tout ça. Et demain au cimetière, oui, au Presbitero Maestro, oui, et de là je jure sur ce que j'ai de plus sacré, Natalia, que je rentre au "Verger de mon aimée". Tu as bien entendu? Tu me crois, n'est-ce pas? Comment...? Mais oui. Du moins grand-mère Isabel est totalement pour, et il y a un instant à peine elle m'a demandé si je ne t'avais pas emmenée..."


Famille Fagoga Arozqueta de la haute société créole (Mexique, vers 1730)