"L'affaire Florence Cassez" de Jorge Volpi

Florence Cassez

 

Titre original : Una novela criminal

Traduction par Gabriel Iaculli

(Éditions du Seuil, 2019)


Jorge Volpi, né en 1968, est une des figures importantes de la littérature mexicaine actuelle. Il s'est fait connaître en 1999 avec un roman noir intitulé À la recherche de Klingsor (En busca de Klingsor). Avec L'affaire Florence Cassez, il a obtenu, en 2018, le prix Alfaguara.

Il s'agit d'un récit non fictionnel sur l'affaire qui mena à l'arrestation en 2005, au Mexique, de la française Florence Cassez, accusée de diriger un groupe criminel qui organisait des enlèvements. Une arrestation qui aboutira à une crise diplomatique entre le Mexique et la France. Jorge Volpi enquête comme un journaliste, synthétise les témoignages et les données, rencontre plusieurs acteurs du drame et tente de donner une version vraisemblable de ce qui s'est passé.

L'affaire est divisée en plusieurs volets.

D'abord, on trouve une vengeance contre le frère de Florence Cassez de la part d'un puissant homme d'affaire en cheville avec les autorités policières.

Ensuite, Jorge Volpi souligne la complexité et l'inefficacité du système judiciaire mexicain (qui a été réformé en 2008) : plusieurs entités juridiques sont chargées des enquêtes ; les avocats commis d'office sont débordés, mal rémunérés et se contentent le plus souvent d'adopter les informations données par la police ; les jurés n'existent pas ; l'accusé doit démontrer son innocence.

Enfin, l'auteur dénonce la corruption et le rôle politique de la police qui, dans cette affaire, n'a pas hésité à mettre en scène, avec la complicité des médias, l'arrestation de Florence et de son compagnon Israel Vallarta. En lisant les rapports de police, il réalise qu'ils sont faux et que les témoins ont été manipulés ou menacés.

Florence Cassez est restée sept ans en prison au Mexique. Son compagnon, Israel Vallarte a, lui, fait dix-neuf ans de prison préventive. Il a été libéré en septembre 2025. La sentence de la justice fédérale est que ses droits ont été violés.