Titre original : Los cachorros
Traduit par Albert Bensoussan
(Éditions Gallimard, 1991)
Cette longue nouvelle publiée en 1967 raconte la destinée tragique, de l'enfance à l'âge adulte, de Cuéllar, surnommé Petit-zizi suite à une attaque de chien. Privé de sa virilité dans une société où elle est une valeur cardinale de la construction de la masculinité, Petit-zizi se verra peu à peu marginalisé.
Cette nouvelle qui dépeint la société péruvienne est une illustration des recherches formelles du grand écrivain que fut Mario Vargas Llosa (1936-2025). On y trouve un usage expérimental des pronoms, du discours direct, de la polyphonie.
"Raconte, Cuéllar, petit vieux, qu'est-ce qui s'est passé, il avait eu très mal ? Très très mal, où c'est qu'il l'avait mordu ? Ben là, et il prit un air gêné, au petit zizi ? Oui, tout rouge, et il rit et nous avons ri et les dames à la fenêtre bonjour, bonjour mon cœur, et à nous rien qu'un moment encore parce que Cuéllar n'était pas encore guéri et lui chut, c'était un secret, son vieux ne voulait pas, sa vieille non plus, que personne ne le sache, mon poulet, mieux vaut ne rien dire, à quoi bon, il l'avait mordu à la jambe voilà tout, d'accord mon cœur ?"
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