Titre original : El disparo de Argón
Traduit par Claude Fell
(Éditions Denoël, 2001)
Juan Villoro (1956) est écrivain et journaliste. Primé autant pour son œuvre littéraire que journalistique, c'est une figure importante de la vie culturelle mexicaine contemporaine. Le Maître du miroir est son premier roman. Il date de 1991.
Dans ce récit, Fernando Balmes, chirurgien de la rétine travaille dans une clinique d'ophtalmologie fondée par le professeur Suarez, un personnage mystérieux et magnétique dont on ne sait s'il s'agit d'un gourou ou d'un médecin. Sa figure domine les activités de la clinique qui est un lieu plein de symboles. Dans le quartier où elle se situe, le peuple est malade, démuni et chaotique. Dans la clinique, Fernando découvre un trafic d'organes mais les donneurs d'ordre resteront anonymes, laissant planer sur la clinique le danger diffus de la corruption.
Le Maître du miroir est une œuvre complexe où se mêlent roman de formation, allégorie politique, et roman noir.
"En un lointain hiver, quand on pouvait encore apercevoir les volcans depuis la Cité universitaire, le Dr Antonio Suárez interrompit sa leçon d'ophtalmologie pour raconter une histoire que je n'ai jamais pu oublier :
Un homme parcourt le désert et au terme d'une infinité de jours il découvre un objet brillant dans le sable. C'est un miroir. Il le ramasse et, en s'y voyant reflété, il dit : « Pardonnez-moi, je ne savais pas qu'il appartenait à quelqu'un. "
