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| Révolution mexicaine, entre 1910 et 1917 |
Titre original : El águila y la serpiente
Traduit par Antonio Castro Leal
(Éditions Gallimard, 1967)
Martín Luis Guzmán (1887-1976) est un classique de la littérature mexicaine. Ce livre, publié en 1928, est un témoignage vécu de la Révolution mexicaine. En effet, l'auteur y participa, de 1910 à 1917, sous les ordres de Pancho Villa. Composé de chroniques, cet ouvrage offre des anecdotes, des portraits, des aventures, des histoires qui, rassemblés, constituent un document historique précieux de cette époque violente.
« Pour aller au réfectoire, nous quittions le quartier général en rangs serrés, don Venustiano en tête, et marchions vers la Douane. A ce moment-là, il y avait toujours, comme le soir de notre arrivée, des sonneries de trompette et des roulements de tambour. Il était apparemment du plus haut intérêt de jeter au vent la nouvelle que le chef suprême de la cause révolutionnaire et ses élus abandonnaient la table de travail pour gagner celle du déjeuner ou du dîner. Les humbles habitants de Nogales, informés, devaient s'en réjouir.
Pour ma part, cette musique me faisait immanquablement songer à Porfirio Diaz (mais pour quel habitant du District Féderal dont l'enfance s'est déroulée dans les années quatre-vingt-dix et suivantes, Porfirio Diaz, les sonneries de trompette et l'hymne national ne forment-ils pas un tout indissoluble?). Cela me déconcertait et me faisait comprendre combien j'étais encore neuf dans les coutumes révolutionnaires, car aucun parmi les autres membres du cortège, ne semblait indiquer des sentiments analogues aux miens. « Peut-être les cachent-ils ? » me disais-je. Ou alors : « Bah ! Ce sont des impressions de bleu de la politique. Bientôt je me serai habitué soit à apprécier cet apparat militariste et dictatorial, soit à cacher qu'il me déplaît. »
